Pour obtenir l’adhésion des décisionnaires en vue d’investir dans un logiciel de recrutement (ATS), vous ne pouvez pas vous contenter de démontrer que votre processus de recrutement est défaillant ou inefficace. Vous devez montrer comment votre configuration actuelle limite la croissance de l’entreprise, la maîtrise des coûts et la gestion des risques.
En tant qu’équipe de recrutement, vous savez déjà qu’un ATS dédié vous aidera à centraliser les flux de travail, à réduire la charge de coordination manuelle et à obtenir une visibilité adaptée à l’évolution des volumes de recrutement.
En pratique, les entreprises qui simplifient le recrutement avec des outils spécialisés peuvent réduire jusqu’à 60 % la durée des recrutements, ce qui est tout simplement hors de portée des tableurs ou des fonctions de base intégrées aux systèmes RH.
Le défi essentiel est donc le suivant : comment convaincre les parties prenantes d’investir dans un ATS ?
Réponse courte : parler leur langage métier et montrer l’impact des goulots d’étranglement du recrutement sur les objectifs commerciaux.
Réponse longue : ce guide détaillé, qui contient tout ce que vous devez savoir :
- Comment construire un business case crédible pour investir dans un ATS
- Comment traduire les défis du recrutement en impact commercial mesurable
- Comment répondre aux objections courantes des principaux départements (finance, informatique, opérations et RH)
Avec ce guide, vous disposez d’un cadre pratique pour évaluer l’état de préparation, justifier l’investissement en interne et présenter un argumentaire efficace en faveur d’un ATS.
Tout d’abord, vérifiez si vous avez réellement besoin d’un ATS
Commencez par clarifier les raisons pour lesquelles vous avez besoin d’un logiciel pour simplifier votre processus de recrutement. C’est la base d’un dossier solide.
Sinon, voici une liste détaillée de 10 signes indiquant qu’il est temps d’investir dans un ATS. L’essentiel est que vous avez besoin d’un ATS lorsque vous recrutez en continu ou prévoyez d’augmenter vos effectifs dans les mois à venir.
Concrètement :
- Vous recrutez 25 à 40 personnes par an, si ce n’est plus
- Vous gérez au moins trois postes vacants simultanément
- Chaque poste attire des dizaines ou des centaines de candidats
- Au moins deux personnes sont impliquées dans la décision finale
À ce stade, même les tableurs bien tenus limitent la visibilité, créent des lacunes dans les transitions entre les étapes et rendent difficile la gestion de plusieurs postes en parallèle.
Quel est le premier point de rupture lorsque les entreprises tardent à déployer un ATS ?
Lorsque les entreprises retardent l’investissement, les premières défaillances n'apparaîtront pas dans votre stratégie de recrutement, mais dans la visibilité, la rapidité et la cohérence.
Quand le recrutement est géré via des tableurs, des boîtes mail et des outils ponctuels éparpillés :
- La durée de recrutement augmente
- Le taux de désistement des candidats augmente lors des dernières étapes
- La capacité de recrutement atteint son maximum
Avec le temps, la direction perd en visibilité sur ce qui se passe, tandis que le retard se paie immanquablement, avec des cycles plus longs, des candidats perdus et une croissance ralentie.
L’ATS est-il un levier de productivité ou un système de contrôle des risques ?
Les deux : votre logiciel de recrutement est à la fois un levier de productivité et un système de contrôle des risques.
De façon schématique, il améliore la productivité de deux manières. D’une part, il réduit la charge de coordination manuelle (travail de planification, e-mails, suivi des statuts). De l’autre, il accélère la progression des candidats dans le processus de recrutement.
Par exemple, les équipes utilisant Tellent Recruitee comme ATS automatisent 80 % de leurs tâches manuelles et consacrent 64 % de temps en moins à l’administratif.
En même temps, l’ATS centralise les données, améliore la cohérence des flux de travail et renforce la conformité à mesure que le recrutement s’intensifie, ce qui en fait un système de contrôle des risques.
En conclusion, les entreprises investissent dans un ATS non seulement pour recruter plus vite, mais pour rendre le recrutement prévisible, auditable et évolutif.
Par exemple, Livestorm a réduit sa durée de recrutement de 60 à 25 jours en adoptant Tellent Recruitee comme plateforme ATS. Dans la même veine, Origins Materials est passé de 25 à 200 employés en construisant un processus de recrutement évolutif grâce à son ATS.
Au lieu d’un ATS, pourquoi ne pas utiliser le module recrutement de votre outil RH ?
Les modules recrutement des SIRH (les fonctions intégrées dans des outils RH élargis comme Personio ou Rippling) sont conçus pour soutenir des processus de base, pas pour exécuter des flux de travail personnalisés.
En revanche, les ATS spécialisés, comme Tellent Recruitee ou Teamtailor, offrent des capacités d’automatisation avancées, là où les modules SIRH ne prennent généralement en charge que des tâches basiques, comme la publication d’offres et la collecte de candidatures.
Ces modules commencent à montrer leurs limites dès que le volume de recrutements augmente ou que vos processus se complexifient.
Voici les limitations les plus courantes des modules recrutement SIRH :
- Ils sont conçus pour la collecte des candidatures, et non pour gérer l'ensemble du processus de recrutement. Ces modules vous aident à centraliser les candidatures, mais offrent un soutien limité pour la présélection structurée ou la gestion du flux une fois que les candidats sont dans le pipeline.
- Ils ne sont pas adaptés aux grands volumes de recrutement. Si plusieurs rôles sont traités simultanément, la visibilité sur les pipelines chute et vous vous retrouverez à devoir compter sur un suivi manuel.
- Ils manquent de flexibilité face à l’évolution des processus de recrutement. Les flux varient selon le rôle, le service ou le lieu de travail, ce qui pousse les équipes à créer des solutions de contournement. Cette charge de travail manuel supplémentaire ralentit les cycles.
- Ils n’offrent que des outils de collaboration et de reporting superficiels. Les modules de recrutement des SIRH ne sont pas conçus pour un reporting avancé, ni pour soutenir une collaboration en profondeur, ce qui rend difficile la coordination dans l’équipe et l’optimisation du processus de recrutement.
À cause de ces limites, les équipes en croissance finissent par dépasser les capacités de ces modules et par intégrer un ATS dédié à leur SIRH pour un recrutement plus évolutif et structuré.
Comment obtenir l’adhésion pour investir dans un ATS
Un business case solide relie la performance du recrutement aux résultats commerciaux qui sont déjà privilégiés par la direction de l’entreprise à l’aide de démonstrations opérationnelles, de mise en perspective du ROI ou d’une communication adaptée aux parties prenantes.
En pratique, on peut distinguer les étapes suivantes :
- Identifier les objectifs commerciaux prioritaires et les relier à des difficultés de recrutement
- Documenter comment les goulots d’étranglement actuels nuisent à ces objectifs
- Quantifier le retour estimé d’un investissement dans un ATS
- Préparer les réponses factuelles aux objections des personnes concernées
- Unifier le travail de préparation sous forme de proposition d’adhésion interne structurée
Détaillons chaque étape.
1. Comprendre vos objectifs commerciaux
La plupart des dossiers échouent parce qu’ils se concentrent sur la résolution des problèmes RH plutôt que sur l’avancement des objectifs de l’entreprise.
En ancrant l’investissement dans les objectifs de la direction, vous transformez la conversation en passant de « avons-nous besoin d’un autre outil ? » à « pouvons-nous nous permettre de laisser le recrutement ralentir notre croissance ? ».
Commencez par demander :
- Sur quels résultats la direction se concentre-t-elle actuellement ?
- Dans quelle mesure le recrutement soutient ou limite-t-il ces objectifs ?
- Quels problèmes de recrutement ont un impact hors des RH ?
La direction définit ces objectifs lors de travaux de planification ou de discussions budgétaires. Votre rôle est de relier directement la performance du recrutement à ces ambitions.
Utilisez ce tableau pour identifier les objectifs et comment un ATS aide à les atteindre :
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Objectif commercial |
Utilité de l’ATS vis-à-vis de cet objectif |
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Croissance et augmentation des effectifs |
Le recrutement peut suivre le rythme des projets de croissance sans recourir au travail manuel ni céder sous le poids du volume. |
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Accélérer la commercialisation ou l’exécution |
Permettre de pourvoir les rôles critiques à temps, afin que le recrutement ne ralentisse pas les lancements de produits ni la croissance du chiffre d’affaires. |
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Contrôle des coûts et efficacité |
Rendre le recrutement plus prévisible, réduisant les coûts cachés liés aux délais, aux efforts en double, à la dépendance aux agences et au manque d’efficacité. |
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Risques, conformité et visibilité des données |
Gérer les données des candidats et le reporting de manière cohérente à mesure que le recrutement s’étend à plusieurs sites ou équipes. |
2. Identifier l’impact caché des goulots d’étranglement sur les objectifs
Après avoir identifié les objectifs commerciaux prioritaires, vous devrez documenter la manière dont les problèmes de recrutement actuels empêchent d’atteindre ces ambitions.
Gardez à l’esprit que les blocages du recrutement restent rarement confinés aux RH. Ils se manifestent par des échéances non tenues, une évolution inégale, ainsi que des coûts et des risques croissants dans l’exécution, autant de facteurs qui tendent à freiner les dirigeants dans leurs décisions liées à la croissance.
Le tableau ci-dessous vous montre comment les blocages quotidiens en matière de recrutement ont un impact sur l’activité en aval, et le rôle que joue un ATS dans la suppression de ces contraintes.
Utilisez-le pour adapter votre communication à celle de la direction afin d’obtenir l’adhésion nécessaire à l’investissement de ce logiciel :
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Goulots d’étranglement courants |
Impact commercial |
Utilité de l’ATS pour atténuer l’impact |
Flux de travail manuels, capacité limitée des recruteurs, faible coordination entre les rôles. |
Les plans de recrutement ne sont pas suivis, la croissance ralentit malgré le budget. |
Centraliser et automatiser la coordination pour gérer plusieurs postes en parallèle sans alourdir la charge de travail manuelle. |
Durée de recrutement longue, feedback tardif. |
Les projets stagnent, les lancements sont reportés et les équipes restent en sous-effectif plus longtemps que prévu. |
Structurer les étapes de recrutement et les boucles de rétroaction afin de réduire les délais et de maintenir la dynamique des processus. |
Désistements de candidats en fin de processus. |
Les bons profils se désengagent, forçant à recommencer les recherches. |
Améliorer la visibilité et la communication pour que les candidats restent informés et engagés tout au long du recrutement. |
Charge de travail manuelle excessive, travail en double, dépendance aux agences et aux solutions à court terme. |
Coût par embauche plus élevé, chutes de productivité et utilisation inefficace du temps des recruteurs. |
Automatiser le suivi et la planification pour libérer du temps pour le sourcing et l’évaluation. |
Visibilité limitée sur le pipeline et les résultats.
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La direction manque de confiance dans les données de recrutement. |
Fournir des insights en temps réel sur la durée de recrutement, les taux de désistement et l’état du pipeline. |
Données des candidats éparpillées et contrôle d’accès non formalisé. |
Exposition accrue aux sanctions liées au RGPD et à la confidentialité à cause d’une manipulation incohérente des données et de pistes d’audit incomplètes. |
Centraliser les données des candidats avec des contrôles d’accès et d’audits intégrés. |
Exemples de mise en perspective de l’impact d’un ATS en termes commerciaux
Lorsque vous cherchez à obtenir l’accord de votre direction, la manière dont vous décrivez le problème compte autant que le problème lui-même.
Les exemples ci-dessous montrent comment traduire un langage axé sur le recrutement en un cadre axé sur l’aspect commercial, afin de trouver un écho auprès des départements financiers et de l’équipe de direction.
Utilisez la colonne de droite pour rédiger votre business case, préparer vos slides ou expliquer l’investissement dans un ATS aux parties prenantes hors RH :
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Approche RH |
Approche « business » |
Nous avons besoin d’un ATS pour mieux gérer les candidats. |
Les postes ouverts retardent l’exécution et mettent sous pression les équipes existantes. |
Les recruteurs passent trop de temps sur l’administratif. |
Nous gaspillons un capital humain précieux sur de la coordination manuelle plutôt que sur la croissance. |
Les managers ont besoin d’un meilleur système. |
Les décisions sont ralenties car la responsabilité et l’attribution des décisions ne sont pas clairement définies au sein des équipes. |
L’expérience candidat nuit à notre marque employeur.
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Nous perdons des candidats de talent à une étape avancée du processus, ce qui nous oblige à répéter nos efforts, augmente les coûts de sourcing et réduit notre capacité à attirer les meilleurs talents. |
Nous avons besoin de meilleures données de recrutement. |
Les prévisions de recrutement ne sont pas fiables, ce qui augmente le risque de manquer les objectifs de croissance. |
Notre configuration actuelle est limitée. |
Notre processus fonctionne pour un faible volume, mais ne peut pas soutenir nos plans de croissance. |
L’ATS facilitera le recrutement.
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Cet investissement lèvera les verrous qui entravent l’exécution, la rapidité et la prévisibilité. |
3. Justifier la dépense : le ROI d’un ATS
Le retour sur investissement d’un ATS se présente rarement sous la forme d’un chiffre unique et net.
Il ne s’agit pas d’une économie ponctuelle, mais de bénéfices continus issus de la réduction des inefficacités récurrentes qui s’accumulent à chaque recrutement.
Pour les PME, les gains les plus importants sont généralement les suivants :
- Recrutement plus rapide
- Réduction des blocages de processus
- Accélération de la prise de décision
- Moindre dépendance aux solutions à court terme
- Meilleure visibilité sur l’avancée des recrutements
Ces bénéfices se cumulent à chaque recrutement. Plus vous recrutez, meilleur sera votre retour sur investissement.
Pour donner plus de poids à votre business case, nous allons décomposer le ROI en économies mesurables et en impacts opérationnels à plus long terme :
ROI direct (ce que vous pouvez raisonnablement quantifier)
Le ROI direct couvre les économies de coûts ou les gains d’efficacité mesurables, que vous pouvez estimer à partir de vos données de recrutement actuelles.
Utilisez les estimations de ROI direct comme base pour illustrer le coût continu de votre configuration actuelle, la manière dont ces coûts s’accumulent mois après mois, et comment un ATS vous aidera à les réduire.
Vous pouvez facilement identifier les causes de surcoûts ou de pertes de capacité en examinant les domaines suivants en relation avec le ROI direct :
- Durée de recrutement : comparez la date d’ouverture du poste (renseignée dans votre SIRH ou sur le job board où vous avez publié l’offre) avec la date d’acceptation et la date de début de contrat.
- Coût par embauche : passez en revue les factures des agences, les dépenses de publication sur les job boards payants et les postes ayant nécessité plusieurs publications ou un sourcing d’urgence à cause des délais.
- Capacité des recruteurs : déterminez le nombre de postes à pourvoir gérés simultanément par chaque recruteur, et évaluez la portion de leur temps consacrée à la coordination plutôt qu’au sourcing et à l’évaluation.
- Éparpillement des outils : Listez les feuilles de calcul, les messageries partagées, les outils de planification et les systèmes ponctuels que vous utilisez pour maintenir le processus à flot.
Vous n’avez pas besoin de chiffres exacts pour rendre votre argumentaire crédible.
Adoptez des hypothèses prudentes et indiquez des fourchettes plutôt que des garanties. Concentrez-vous sur l’orientation, pas la précision.
Estimez rapidement votre retour sur investissement potentiel avec ce calculateur de ROI (sans inscription). Saisissez simplement les informations de base, comme vos effectifs actuels et prévus, ainsi que le nombre de jours requis pour pourvoir un poste. Vous n’avez pas besoin de plus pour obtenir une estimation du ROI direct :
Exemple d’économies annuelles estimées avec Tellent Recruitee pour une entreprise de 100 ETP avec 25 embauches prévues dans l’année et une durée de recrutement moyenne de 50 jours. |
ROI indirect (intéresse la direction, mais difficile à quantifier)
Le ROI indirect couvre des améliorations qui ne sont pas toujours chiffrées, mais qui affectent directement l’exécution, la prise de décision et le risque lorsque l’entreprise se développe.
Il s’agit souvent de problèmes que la direction ressent en premier lorsque le recrutement est à la peine, même si la cause profonde n’est pas immédiatement visible : échéances manquées, planification peu fiable, décisions incohérentes.
Utilisez le ROI indirect pour démontrer l’importance de la prévisibilité et du contrôle du recrutement. Présentez votre investissement dans l’ATS comme une infrastructure qui favorise une exécution fiable, et pas simplement comme un outil de réduction des coûts.
Pour identifier le ROI indirect, recherchez les tendances que vous observez déjà lors des conversations de recrutement, des rétrospectives et des résultats. Cherchez des signaux dans les aspects suivants :
- Le feedback des responsables d’équipe concernant les délais ou les frictions décisionnelles
- Les réouvertures répétées de postes ou les décisions de recrutement précipitées
- Les tendances de désistement des candidats et les refus récurrents d’offres
- Les questions de la direction concernant les délais, la confiance ou les risques
Ces éléments n’ont pas besoin d’être quantifiés de façon précise. Ils aident à expliquer pourquoi le recrutement semble imprévisible, et pourquoi il est important de structurer le processus et d’améliorer la visibilité en période de croissance.
Éléments à exclure de l’argumentaire sur le ROI
Un dossier solide repose sur la crédibilité, pas sur des prétentions agressives. Ne tombez pas dans les pièges suivants :
- Les modèles de ROI trop complexes, difficiles à valider.
- Les indicateurs « accessoires » comme le trafic du site carrière, le volume total de candidats ou le nombre d’entretiens. Ces chiffres ne montrent pas d’impact commercial.
- Les promesses qu’un ATS ne peut pas tenir seul, comme une meilleure qualité des embauches, une réduction des biais ou une amélioration de la marque d’employeur. Le système peut soutenir ces résultats, mais seulement si les équipes ont établi un processus de recrutement stratégique.
Ces prétentions tendent à rendre sceptiques la direction et les départements financiers, car la conversation s’éloigne de la valeur (même quand le dossier est solide).
Les indicateurs qui font sens pour les départements financiers, la direction et les RH
Chaque partie prenante évalue l’investissement différemment.
Lorsque vous tentez de les convaincre d’investir dans un ATS, au lieu de présenter plus de données, mettez en avant celles que chaque groupe utilise déjà pour décider.
Le tableau ci-dessous vous aidera à ancrer votre dossier en fonction de paramètres importants pour chaque partie prenante :
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Partie prenante |
Priorités |
Données pertinentes |
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Finances (directeur financier) |
Contrôle des coûts, prévisibilité et respect du budget |
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Direction (PDG/DOP) |
Vitesse d’exécution, risque opérationnel et fiabilité de la planification |
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Responsable RH |
Évolutivité, cohérence et résultats |
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4. Répondre efficacement aux objections des parties prenantes susceptibles de bloquer la décision
Même si votre dossier est solide, des inquiétudes peuvent surgir.
Cela s’explique principalement par la perspective différente selon laquelle chaque fonction évalue l’adoption d’un ATS.
Les départements financiers vont généralement se concentrer sur le coût et la crédibilité du ROI. Les services informatiques et juridiques vont privilégier la sécurité et la conformité tout en considérant la complexité du système. Le côté opérationnel souhaitera éviter une interruption de l’activité, tandis que les RH se concentreront sur l’adoption et l’expérience d’embauche.
Cette section vous aidera à anticiper les objections les plus courantes parmi ces groupes, et à préparer des réponses claires et cohérentes avant qu'elles ne ralentissent ou ne compromettent le processus de validation.
Utilisez-la comme référence lorsque vous abordez les conversations avec les parties prenantes :
Finances : objections et réponses
Les objections des services financiers concernent généralement le contrôle des coûts, la prévisibilité, les risques et le calendrier. Vous trouverez ci-dessous les objections financières les plus courantes et la manière d’y répondre.
Objection 1 : « Cela semble coûteux, pouvons-nous nous le permettre ? »
Les questions concerneront le prix de l’abonnement, les efforts de mise en œuvre ou de migration, ainsi que les coûts d’administration ou de support sur la durée.
Réponse à apporter : présentez l’ATS comme un moyen de contrôler les coûts et non comme une nouvelle dépense. Expliquez que l’investissement réaffecte des fonds déjà consacrés aux tâches suivantes :
- Travail de coordination manuel
- Manque d’efficacité et travail en double
- Recours à des agences en raison de retards
- Pertes de productivité dues à la lenteur des embauches
Ancrez ensuite la conversation sur la prévisibilité plutôt que sur une réduction agressive des coûts.
Par exemple, au lieu de mettre l’accent sur les économies de coûts potentielles, expliquez comment des calendriers de recrutement structurés réduisent les retards imprévus et les dépenses d’urgence auprès d’agences, offrant aux départements financiers des prévisions de recrutement plus stables et moins de surprises budgétaires.
Objection 2 : « Le ROI est-il réel ou théorique ? »
Le département financier cherchera probablement à savoir si les économies annoncées vont réellement se concrétiser. Questions à prévoir :
- D’où viennent les chiffres ?
- Les hypothèses sont-elles réalistes ?
- Les avantages dépendent-ils de scénarios optimistes ?
Réponse à apporter : utilisez des estimations directionnelles prudentes basées sur les données actuelles. Ancrez vos estimations dans les métriques connues :
- Durée de recrutement actuelle
- Nombre de postes vacants par trimestre
- Limites de capacité des recruteurs
- Coûts associés aux job boards payants
- Coûts des agences pour le recrutement complémentaire
Présentez des fourchettes, pas des garanties, et commencez par le coût des retards de recrutement au lieu de promettre des gains d’efficacité.
Objection 3 : « Peut-on obtenir le même résultat avec des outils gratuits ou existants ? »
Une autre objection souvent soulevée par les départements financiers compare l’ATS aux outils existants, aux intégrations du SIRH ou à des solutions de contournement manuelles.
En substance : « Allons-nous payer par commodité ou pour résoudre une véritable contrainte commerciale ? »
Réponse à apporter : Orientez la comparaison des outils vers les résultats.
Précisez que les outils moins coûteux ou existants permettent de résoudre des tâches isolées, mais sans résoudre ce qui ralentit réellement le recrutement :
- Des systèmes fragmentés qui nécessitent des transferts manuels
- Une visibilité limitée qui retarde les décisions
- Des solutions de contournement qui ne suffisent plus lorsque le volume de recrutement augmente
Cette configuration peut fonctionner à petite dose, mais elle ne peut pas soutenir un recrutement continu, collaboratif ou corrélé à des objectifs de croissance.
Positionnez ensuite l’ATS comme une solution structurelle, et non comme un ajout de fonctionnalités :
- Résout des inefficacités récurrentes, pas des lacunes ponctuelles
- Réduit les frais de coordination à mesure que le recrutement augmente
- Réduit le coût marginal de chaque embauche supplémentaire
Cela recadre la perspective, passant de « quel outil coûte le moins cher ? » à « quelle configuration est compatible avec nos projets de développement ? »
Objection 4 : « Peut-on tenir 6 à 12 mois de plus avec notre structure actuelle ? »
Cette objection n’est généralement pas une question d’outils mais de hiérarchisation des priorités. Votre directeur financier souhaite savoir si la décision peut attendre.
Réponse à apporter : expliquez que reporter la décision ne suspend pas les coûts, mais figent les contraintes actuelles pour une année supplémentaire.
- La durée de recrutement et le coût par embauche continuent d’augmenter
- Les meilleurs candidats continuent de se détourner
- La capacité des recruteurs reste limitée
- Les inefficacités et la lenteur des décisions cumulent leur impact pour chaque poste non pourvu
Soulignez un concept clé ici : l’inaction n’est pas neutre, elle a un coût. Cela ne fait qu’étaler les mêmes inefficacités sur 6 à 12 mois de recrutement supplémentaires. Cet argument réoriente la conversation de « pouvons-nous attendre ? » à « combien nous coûteront 12 mois d’attente supplémentaires ? »
Informatique et juridique : objections et réponses
Les services informatiques et juridiques abordent généralement les décisions relatives à l’ATS sous l’angle de la sécurité, de l’exposition des données, de la prolifération des systèmes et de la maintenance à long terme, plutôt que la vitesse de recrutement.
Leurs principales objections viseront à savoir si un ATS introduit une complexité inutile ou s’il réduit les risques opérationnels et de conformité :
Objection 1 : « Qu’en est-il de la sécurité et de la protection des données ? »
Les services informatiques et juridiques s’inquiètent de la manière dont les données des candidats sont collectées, stockées, consultées et conservées, d’autant plus qu’il s’agit de données personnelles.
Réponse à apporter : présentez l'ATS comme un moyen de réduire les risques, et non comme un facteur de risque.
Un ATS dédié centralise les données des candidats dans un système contrôlé, remplaçant la manipulation informelle via les messageries, les feuilles de calcul, les lecteurs partagés et les fichiers locaux.
La plupart des plateformes ATS modernes prennent en charge ces fonctionnalités clés :
- Suivi explicite du consentement des candidats
- Politiques définies pour la conservation et la suppression des données
- Accès aux informations sensibles basé sur les rôles
- Gestion des données candidats cohérente entre les équipes
Ces fonctions donnent plus de visibilité aux services concernés pour tracer et contrôler les données des candidats de façon claire, au lieu de s’appuyer sur des solutions manuelles.
Objection 2 : « Est-ce que cela s’intégrera à nos systèmes existants ? »
Les équipes informatiques s’inquiètent souvent des intégrations fragiles ou d’une charge de maintenance supplémentaire.
Réponse à apporter : soulignez que les outils ATS modernes sont conçus pour s’intégrer aux environnements informatiques existants et non pour les remplacer.
La plupart des plateformes ATS, comme Tellent Recruitee, sont adaptées à ces contraintes :
- Des intégrations natives avec les SIRH, les job boards et les outils de communication
- Une configuration basée sur le paramétrage plutôt que sur un travail de développement personnalisé
- Des API ouvertes et des webhooks pour plus de flexibilité
En pratique, selon le fournisseur choisi, la mise en œuvre nécessite généralement une implication limitée du service informatique et ne crée pas de charge de maintenance à long terme.
Objection 3 : « Allons-nous ajouter un nouvel outil à prendre en charge et à entretenir ? »
Cette objection concerne souvent la responsabilité à long terme et la charge opérationnelle.
Réponse à apporter : précisez qu’un ATS est un système d’entreprise SaaS et non une application gérée par le service informatique.
En tant que plateforme cloud, l’ATS bénéficie généralement des avantages suivants :
- Mises à jour automatiques
- Aucun hébergement local
- Aucune exigence de maintenance personnalisée
- Performances stables sans charge de travail permanente pour le service informatique
Autrement dit, un ATS va souvent réduire la charge de travail du service informatique en supprimant la nécessité de gérer des processus de recrutement fragmentés qui reposent sur les e-mails, les tableurs et des outils ponctuels.
Opérations : objections et réponses
Les équipes opérationnelles se soucient avant tout de maintenir l’exécution. Leurs préoccupations tournent généralement autour du risque de ralentir le recrutement avec un ATS :
Objection 1 : « Est-ce que cela va perturber notre processus de recrutement actuel ? »
Cette inquiétude porte sur la perturbation à court terme, la crainte que la mise en œuvre n’interrompe temporairement la prestation des services ou ne retarde l'exécution des fonctions opérationnelles.
Réponse à apporter : Fixez des attentes réalistes dès le départ. Expliquez qu’un ATS n’impose pas une transformation instantanée et nécessite une courte période d’adoption avant de stabiliser le recrutement sur la durée. Assurez-vous d’expliquer ce qui s’améliore après le déploiement :
- Une responsabilité clairement attribuée pour chaque étape du recrutement
- Moins de demandes et de remontées ponctuelles
- Moins d’allers-retours entre les RH et les responsables d’équipe
Présentez le changement comme une friction temporaire qui élimine une friction permanente, et non comme un processus sans finalité.
Objection 2 : « Est-ce que cela va ajouter du travail aux responsables ? »
Cette inquiétude concerne la charge sur la durée, après le déploiement. Les responsables craignent que le système ne les transforme en administrateurs.
Réponse à apporter : présentez l’ATS comme un outil réduisant l’effort des responsables, pas comme un outil ajoutant des étapes. Expliquez ce qu’apporte un système structuré :
- Clarifier exactement quand l’intervention d’un responsable est nécessaire et quand elle ne l’est pas
- Remplacer les messages éparpillés par un flux de travail unifié et transparent
- Réduire les relances, les rappels et l’ambiguïté décisionnelle
Soulignez que l’adoption fait partie du plan de déploiement dès le départ et que le système est conçu pour soutenir les responsables, pas pour les surcharger.
Ressources humaines : objections et réponses
En général, les objections des RH ne remettent pas en cause la nécessité d’un ATS. Elles concernent plutôt la charge de travail, l’adoption et la protection de l’expérience d’embauche.
Objection 1 : « Nous ne voulons pas que le recrutement semble transactionnel »
Les responsables RH craignent souvent que l’introduction d’une structure ne nuise à l’expérience candidat ou ne dégrade la marque employeur.
Réponse à apporter : précisez que la structure ne supprime pas l’élément humain, elle contribue à le protéger.
Expliquez qu’un ATS ne rend pas le recrutement rigide, il standardise les lacunes des processus qui causent des retards, des défauts de communication et de la confusion. Les flux de travail clairs apportent plusieurs avantages :
- Les candidats reçoivent des communications sans retard
- Les décisions sont prises plus rapidement
- Les équipes évitent les urgences de dernière minute ou les manquements dans le suivi
Cela conduit à une expérience candidat plus cohérente et plus qualitative, pas plus froide.
Objection 2 : « ce sera difficile à mettre en œuvre ou à adopter » ou « les responsables d’équipe ne l’utiliseront pas correctement » ou « l’équipe de recrutement mettra beaucoup de temps à le configurer ».
Cette inquiétude se base généralement sur des expériences passées. Les RH ont vu des outils échouer, pas parce qu’ils étaient mauvais, mais parce que le déploiement était long, que la courbe d’apprentissage était abrupte, et que les responsables se sont désengagés ou ont contourné le système.
Réponse à apporter : précisez que les plateformes ATS les plus robustes sont conçues pour accélérer l’adoption et que cette adoption fonctionne mieux lorsque la responsabilité est partagée au lieu d’être portée par l’équipe RH seule.
Par exemple, Tellent Recruitee est conçu pour une configuration rapide. Les petites entreprises peuvent être opérationnelles en quelques jours, et les plus grandes équipes sont généralement prêtes en trois semaines, le tout avec une formation et un onboarding localisé.
Indiquez également qu’un ATS dédié remplace le travail de coordination manuelle qui est actuellement dispersé entre les messageries, les tableurs et les rappels. Une fois déployé, l’ATS réduit l’effort continu et améliore l’adoption :
- Centraliser l’activité de recrutement dans un seul système
- Automatiser le suivi, la planification et les changements d’étapes
- Supprimer la nécessité de suivre manuellement le statut des candidats
Positionnez la mise en œuvre et l’adoption comme des ajustements ponctuels qui supprimeront une charge de travail récurrente, et non comme un alourdissement durable des responsabilités.
5. Relier l’ensemble pour présenter votre business case d’ATS
Cette dernière étape consiste à transformer tous les éléments collectés jusqu’à présent, dont le ROI, les objections et la mise en perspective pour les parties prenantes, pour formuler une proposition que la direction peut vraiment évaluer et approuver.
Idéalement, vous rassemblerez le tout dans une présentation soignée pour structurer toutes ces informations. Assurez-vous de suivre ce cadre :
- Pourquoi l’ATS actuel ne soutient plus la manière dont votre entreprise recrute, avec des exemples et des chiffres clairs. Pour cela, référez-vous à la section ci-dessus pour identifier les goulots d’étranglement qui freinent les objectifs commerciaux pressants.
- Les avantages du nouvel ATS corrélés aux objectifs de l’entreprise, y compris les effets concrets sur la productivité et les résultats du recrutement.
- Une analyse coûts/avantages de l’investissement dans l’ATS, avec des estimations prudentes du ROI et une comparaison approximative entre les coûts récurrents actuels et les coûts structurés liés à un ATS. Pour cela, référez-vous à la section ci-dessus concernant la justification du ROI.
- Une ébauche de calendrier de mise en œuvre et de plan de déploiement, qui attribue la responsabilité de l’adoption et décrit la transition afin que la direction perçoive un déploiement contrôlé plutôt qu’une expérience sans fin.
Il est également utile d’obtenir du soutien avant la présentation formelle de la demande, en impliquant un ou deux alliés internes. Pour cela, recherchez les parties prenantes qui subissent déjà des difficultés de recrutement.
Par exemple, un responsable bloqué par des postes non pourvus ou une équipe fatiguée des solutions de contournement. Utilisez leur perspective pour transformer votre business case en priorité interfonctionnelle sur laquelle la direction est plus susceptible d’agir.
Conclusion : recadrez l’investissement ATS comme un levier de croissance plutôt qu’une dépense générale
Obtenir l’approbation pour un ATS nécessite d’aider l’équipe de direction à comprendre quand la structure de recrutement devient un facteur essentiel à la croissance plutôt qu’un moyen d'améliorer le processus de recrutement.
Retarder cet investissement ne permet que rarement de réduire les coûts liés au recrutement. Cela tend plutôt à aggraver les inefficacités, à ralentir l’exécution et à augmenter les coûts à long terme.
Le ROI d’une plateforme ATS moderne de bout en bout peut également être substantiel. Par exemple, 94 % des clients de Tellent Recruitee constatent une nette réduction des tâches manuelles. Certains, comme Van Cranenbroek, ont réduit leur taux d’abandon, passant de 60 % des candidats à presque zéro.
FAQ
Comment expliquer la valeur d’un ATS à un CEO qui ne recrute pas au quotidien ?
Présentez l’ATS non comme un outil supplémentaire, mais comme la solution à une contrainte de croissance.
Les postes non pourvus ralentissent la croissance, retardent l’exécution et rendent la planification moins fiable. Mais l’utilisation d’un ATS accélère l’embauche, réduit le manque à gagner des postes vacants, limite la dépendance aux agences externes et donne à la direction plus de visibilité sur les calendriers de recrutement et les risques. L’ATS contribue à garantir que les objectifs de croissance, la planification des effectifs et les plans de livraison ne sont pas perturbés par un recrutement lent ou imprévisible, à mesure que l’entreprise se développe.
Quelles sont les erreurs courantes dans un business case pour un ATS ?
Les erreurs les plus courantes consistent à survendre le ROI, à s’appuyer sur des métriques « accessoires » et à présenter l’ATS comme un outil RH au lieu d’un système qui soutient la croissance de l’entreprise. Les dossiers fragiles font également l’impasse sur la planification de l’adoption ou la gestion du changement, ce qui soulève des doutes quant à la crédibilité et détourne l’attention de l’impact vers le risque.
Changer de système de gestion des candidatures est-il risqué ?
Changer d’ATS comporte un risque transitionnel à court terme, mais rester sur un système obsolète est souvent plus risqué à long terme. La plupart des migrations vers des ATS modernes sont structurées, limitées dans le temps et prises en charge par les fournisseurs. Le vrai risque n’est pas de changer, mais de continuer avec des flux de travail qui limitent la visibilité, ralentissent les décisions et ne sont pas évolutifs. Si vous prévoyez de changer d’ATS, ce guide explique à quoi vous attendre et comment réduire les risques pendant la transition.
Combien de temps prend la mise en œuvre d’un ATS ?
Les délais de mise en œuvre d’un ATS varient en fonction du fournisseur, de la taille de votre entreprise, de la complexité du flux de travail et des intégrations requises. Certains outils, comme Tellent Recruitee, peuvent être configurés en quelques jours dans les petites équipes, et environ trois semaines pour des organisations plus importantes. Les plateformes destinées aux grandes entreprises, telles que Greenhouse, prennent souvent plus d’un mois pour être pleinement opérationnelles.
Peut-on justifier un ATS si le volume de recrutement est irrégulier ?
Oui, un ATS apporte structure et continuité même lorsque le recrutement est irrégulier. Il préserve le processus, la visibilité partagée et l’historique des décisions entre les cycles de recrutement, ce qui permet aux équipes d’augmenter ou de réduire le recrutement sans perdre le contexte ni reconstruire les processus à chaque fois.
Quels sont les coûts cachés d’un ATS à prendre en compte ?
Les coûts cachés courants d’un ATS comprennent le temps de mise en œuvre, la gestion du changement et les baisses de productivité à court terme pendant la phase d’adoption de l’ATS. Cependant, il s’agit généralement d’ajustements ponctuels. Les coûts continus restent souvent inférieurs à la charge collective de la coordination manuelle, du travail à refaire, de la dépendance aux agences et des outils fragmentés.
Quel est le coût de retarder l’investissement dans un ATS ?
Retarder l’investissement dans un ATS ne suspend pas les coûts de recrutement. Au contraire, cela les accumule. La durée de recrutement augmente, les bons candidats se désistent, la capacité des recruteurs atteint son plafond et l’inefficacité alourdit les coûts structurels. Au fil du temps, la visibilité diminue, le risque de défaut de conformité augmente et le recrutement devient plus difficile à planifier, développer et contrôler.
